Prix jacques-brossard
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Prix Jacques-Brossard

2014

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Lauréat
Philippe Arseneault
pour Zora, un conte cruel (roman)

Finalistes
Mathieu Blais et Joël Casséus pour L'Esprit du temps (roman)
Alain Farah pour Pourquoi Bologne (roman)
Mention spéciale à Daniel Sylvestre pour Le Compteur intelligent (roman graphique)

Membres du jury
Jeremy Peter Allen
Karoline Georges
Ève Rioux
Marc Gaudreault
Richard Tremblay

Bourse : 3 000 $

Zora a impressionné le jury par ses étonnants contrastes. Le sous-titre, un conte cruel, nous y prépare déjà. Le lecteur est plongé dans un monde empreint de magie et de merveilleux, mais c'est aussi un monde traversé d'une très grande cruauté, où les enfants comme la petite Zora se font broyer par la malveillance des adultes. Cette histoire aux accents rabelaisiens est crue, obscène, même scatologique par moments. Malgré tout, il s'en dégage des moments de grande beauté et une puissante affirmation de la vie.

Le jury tient à souligner la qualité exceptionnelle de l'écriture. Le vocabulaire est riche et truculent. L'auteur exploite l'hyperbole avec finesse. L'humour noir, bien maîtrisé, offre au lecteur une soupape nécessaire pour évacuer à petites doses l'horreur ressentie devant tant d'atrocités.  À l'intérieur même de l'histoire, l'habile manipulation de la langue va jusqu'à devenir une arme alors qu'on assiste, dans un des passages les plus remarquables, à un duel de bardes qui rivalisent à coups de récitations poétiques de plus en plus grossières et dégradantes.

Par définition, un conte est un récit court. Zora déborde de ce cadre, se transformant en un récit épique qui suit le parcours des nombreux personnages durant des décennies. L'auteur a le souffle nécessaire pour faire passer l'histoire du conte à la légende. L'adéquation entre la forme et le fond est parfaite. Malgré tous les passages scabreux, rien ne paraît gratuit. Les éléments fantastiques s'intègrent de façon tout à fait cohérente dans l'univers proposé. Un des membres du jury a bien résumé en disant : « C'est gore et sophistiqué à la fois. » (Texte de présentation de Jeremy Peter Allen)


Québec, 3 mai 2014. C'est Philippe Arseneault, pour son roman fantastique Zora, un conte cruel (VLB éditeur), qui a remporté le prix Jacques-Brossard 2014, doté d'une bourse de 3 000 $. Le prix, qui récompense chaque année l'auteur de la plus remarquable production dans les littératures de l'imaginaire, lui a été remis dans le cadre du congrès Boréal. Le jury a choisi le lauréat parmi 56 auteurs en lice.

La richesse de l'écriture, l'imagination et le souffle que l'auteur déploie tout au long des quelque 500 pages du livre ont impressionné les membres du jury. Ces qualités, combinées à un humour noir totalement maîtrisé, atténuent l'horreur de l'histoire de Zora, la fille d'un aubergiste qui sert de la triperie à ses clients, dans le décor moyenâgeux d'une antique Finlande imaginaire. Une galerie de personnages barbares, ou grotesques, ou les deux, habite ce monde déliquescent et déjanté où l'héroïne accomplira son destin. Truculent, voire rabelaisien, cru, voire scatologique, ce conte cruel réussit, aux yeux du jury, l'adéquation parfaite entre le fond et la forme. Dans son ambition de tout envisager, de tout intégrer, le plus sordide comme le reste, le récit prend une dimension quasi mythique et se donne comme une célébration de la vie.