|
2013
 |
Lauréate
Ariane Gélinas
pour Transtaïga (roman), L'Anse-aux-Louves,
Quand les pierres rêvent et L'Envers du labyrinthe
(nouvelles)
Photo : Frédérick Durand
|
Finalistes
Caroline Allard pour Universel Coiffure (roman)
Luc Dagenais pour Les Dieux pure laine, China-Man versus le Troglodyte du Réso et 514 YIH-OOPI (nouvelles)
Membres du jury
Caroline-Isabelle Caron
Éric Gauthier
Martin Hébert
Lisa Fiset
Jean-Louis Trudel
Bourse : 3 000 $
Avec Transtaïga,
Ariane Gélinas met en scène une région méconnue, le Nord québécois, où la forêt
cède la place aux lichens et où les esprits ne sont jamais bien loin. En 2012, Ariane
Gélinas s'est imposée comme une voix forte de la littérature fantastique au Québec,
inspirée à la fois par la grande tradition fantastique du XIXe
siècle et les rites amérindiens trop souvent ignorés dans notre littérature.
Dans ce premier tome de la trilogie Les Villages assoupis, elle fait
preuve d'une grande cohérence d'imaginaire et de style. Elle manie avec brio
les mystères de sa protagoniste, de l'aïeule de celle-ci et du village
abandonné de Combourg. On en aurait voulu davantage. La voix unique d'Ariane
Gélinas s'est fait aussi entendre dans trois nouvelles en 2012,
« L'Anse-aux-louves », « L'Envers du labyrinthe » et
« Quand les pierres rêvent ». Cette dernière a particulièrement
charmé le jury pour ses concepts émouvants, sa construction habile et son style
achevé. (Présentation de Caroline-Isabelle Caron)
Montréal, 4 mai 2013. Ariane Gélinas
a reçu aujourd'hui le prix Jacques-Brossard doté d'une bourse de 3 000 $.
Ce prix, qui célèbre cette année son trentième anniversaire, est remis annuellement
à l'auteur dont la production, dans les littératures de l'imaginaire, a été
jugée la plus remarquable par un jury de cinq personnes. En plus d'un roman, Transtaïga (Marchand de feuilles), la production
de la lauréate en 2012 compte trois nouvelles fantastiques :
« L'Anse-aux-louves » (Zinc
28), « Quand les pierres rêvent » (Solaris 181) et « L'Envers du labyrinthe » (Solaris 182).
Née en 1984, Ariane Gélinas a publié
sa première nouvelle en 2004. Détentrice d'une maîtrise en création littéraire
de l'Université du Québec à Trois-Rivières et doctorante, elle s'est imposée
depuis quelques années comme l'une des jeunes voix les plus originales de la
littérature fantastique au Québec.
La pièce majeure de sa production en
2012, Transtaïga, explore une thématique
particulièrement riche et vierge, les cités ou villages fantômes. L'écrivaine
se livre à une habile transposition de l'enjeu qui se situe au cœur de l'œuvre
fantastique, soit cette faculté de percevoir la réalité au-delà des apparences,
en l'inscrivant dans une partie du territoire québécois peu présente dans notre
imaginaire. Grandement subjective, la lecture du réel effectuée par la
narratrice, Anissa Miller, oblige le lecteur à remettre en question ses
certitudes sur l'authenticité et la validité de la mission de l'héroïne.
En campant son récit dans le Nord
québécois, une région évoquée notamment par le nom des grands barrages
hydroélectriques, Ariane Gélinas quitte sa zone de confort littéraire pour se
réapproprier un territoire sauvage, encore mystérieux et propice aux
manifestations des forces païennes. La farouche détermination d'Anissa
rappelle la sourde révolte de sœur Julie de la Trinité, personnage pivot des Enfants du sabbat de la grande Anne
Hébert.
Au fil de ses trente ans d'histoire,
le prix Jacques-Brossard - qui portait à l'origine le nom de Grand Prix de la
science-fiction et du fantastique québécois - a été attribué à vingt-deux
écrivains différents, quelques-uns ayant reçu le prix plus d'une fois.
|