Prix jacques-brossard
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Lauréats par année
Biographie des lauréats
Index
Lauréats - Années 2000-2009
2000

Lauréate 
Esther Rochon
pour Or (roman)

Finalistes
Joël Champetier pour L’Aile du papillon (roman)
Yves Meynard pour Le Livre des chevaliers (roman) et Soldats de sucre (nouvelle)

Membres du jury
Réginald Hamel
Élisabeth Vonarburg
Andrée Laurier
Francine Pelletier
Michel Lamontagne

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec

Québec, 14 avril 2000. - Or constitue le cinquième tome de la série Les Chroniques infernales amorcée en 1995. Le jury a apprécié le paradoxe de ce roman où coexistent profondeur et légèreté, horreur et rédemption, culpabilité et pardon, mélanges qui sembleraient devoir être instables mais ne le sont pas. Dans des Enfers résolument non chrétiens, des fourmis tourmenteuses se rebellent, des damnés-larves monstrueuses travaillant à leur salut deviennent des maisons symboliques, mais on visite aussi avec les yeux de la mémoire d’anciens lieux perdus où l’on s’est retrouvé autrefois en exil, prêt à mourir de sa propre main...

Le jury a aussi souligné la grande richesse symbolique du récit, qui transcende la douleur et le manque pour redéfinir l’être, et dont l’étrange familiarité résonne obstinément après qu’on a refermé le livre. Montréal, lieu réel, est un point de contact avec ces enfers, et la source de réflexions sociologiques et politiques d’une terrible lucidité ; et Vrénalik, lieu imaginaire au décor pourtant si précisément évoqué, est à la fois son ombre et son reflet... Imaginaire et réalité dansent ensemble en équilibre sur un fil, portés par une prose d’une fausse simplicité qui ouvre des trames parallèles subtiles.


2001

Lauréat 
Jean-Louis Trudel
pour Guerre pour un harmonica et Nigelle par tous les temps (romans), Demain, les étoiles (recueil de nouvelles), Les Derniers Lecteurs, Les Jardiniers du monde, Les Retrouvailles du sang et Tirés d’une même chair (nouvelles)

Photo : Studio Jostens

Finalistes 
Esther Rochon pour Sorbier (roman)
Patrick Senécal pour Aliss (roman) et Nuit d’ancre (nouvelle)

Membres du jury
Joël Champetier
Francine Laurendeau
Michel Bélair
Thibaud de La Marnierre
Christian Martin

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec

Québec, 12 avril 2001. - L’abondante production de Jean-Louis Trudel en 2000 a retenu l’attention du jury par sa diversité et son accessibilité. Qu’il s’adresse aux jeunes ou aux adultes, l’écrivain fait montre dans son oeuvre d’une rigueur scientifique éprouvée et d’une cohérence narrative qui dénotent son respect du lecteur. En outre, le souci de vulgarisation qu’il manifeste dans ses récits est de nature à éveiller la curiosité scientifique chez les jeunes, a ajouté le jury.

Franco-ontarien d’origine mais Montréalais d’adoption, Jean-Louis Trudel a publié sa première nouvelle de science-fiction en 1984, à l’âge de 17 ans, si bien que sa production est déjà l’une des plus abondantes de toute la science-fiction québécoise. De plus, il a écrit plusieurs nouvelles en anglais qui ont été publiées au Canada et aux États-Unis. Il a aussi fait paraître plusieurs nouvelles en France, dans des revues et des collectifs, et il a été le premier écrivain francophone du Canada (et le seul à ce jour) édité au Fleuve Noir.


2002

Lauréate
Natasha Beaulieu
pour BM Zone et Klé (nouvelles)

Finalistes
Laurent McAllister pour Le Messager des orages (roman)
Danielle Simard pour Le Pouvoir d’Émeraude (roman)

Membres du jury
Laurent Laplante
Esther Rochon
Jean Dion
Éric Bourguignon
Eddy Szczerbinski

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Fédération des Caisses populaires Desjardins du Québec

Québec, 25 avril 2002. - Natasha Beaulieu, qui a publié sa première nouvelle en 1991, s’est affirmée rapidement comme nouvelliste. Les deux textes qui lui ont permis de remporter le Grand Prix illustrent bien son talent. Natasha Beaulieu ne craint pas de s’inspirer des diverses expressions de l’imaginaire populaire (bande dessinée, manga, gothic), tout en se tenant loin des clichés. Poétique sans artifices, passionnée sans délire, elle pratique un fantastique noir qui côtoie le néon plutôt que les torches. Son oeuvre scrute le corps nocturne, la chair et le métal, la plume, le cuir et les amours qui transcendent les différences. Symbolique sans lourdeur, d’un romantisme vrai, elle ouvre l’esprit sur une vision vaste.


2003

Lauréat
Éric Gauthier
pour Terre des pigeons
(recueil de contes), Feu sacré
et Un visage à la fenêtre (nouvelles)


Finalistes
Joël Champetier pour Les Sources de la magie (roman)
Claude Bolduc pour Le Maître de tous les Maîtres (roman), Livraison exceptionnelle, Nocturne, Œillades, Ta gueule, Fritz ! et Toujours plus bas (nouvelles)

Membres du jury
Christine Fortier
Serena Gentilhomme
René Beaulieu
Isabelle Bertin
Claude Lalumière

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Caisses Desjardins de la région de Québec

Québec, 10 avril 2003. - Éric Gauthier est un conteur naturel qui perpétue la tradition orale du conte en interprétant ses textes en spectacle tout en leur donnant une forme plus littéraire pour la publication. C’est ce que l’on constate en lisant ses contes dans le recueil Terre des pigeons et en écoutant le CD qui l’accompagne. Ses contes fantastiques utilisent des procédés narratifs éprouvés, ce qui ne les empêche pas de rompre avec les figures classiques du fantastique traditionnel. De Rio de Janeiro à Padova en Italie, des Indes à Ottawa, Éric Gauthier est à l’écoute des légendes et des croyances des différentes cultures qu’il recueille ou invente. Par analogie avec la musique, on pourrait dire qu’il est un interprète de la «littérature du monde».

Éric Gauthier, qui a publié ses deux premiers textes en 1999, a remporté pour la deuxième fois le prix Solaris l’an dernier grâce à sa nouvelle de science-fiction Feu sacré. Même s’il s’aventure ici dans un autre genre, on reconnaît son écriture simple et efficace, son humour léger et, surtout, sa façon inimitable de nous balancer, mine de rien, une petite morale qui témoigne de sa lucidité tranquille.

Né à Rouyn en 1975, Éric Gauthier est le plus jeune lauréat de l’histoire du Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois. En lui décernant ce prix, le jury a voulu reconnaître le talent d’un écrivain à la double pratique dont l’entrée en littérature est porteuse de grandes promesses mais aussi un genre, le conte, qui connaît une renaissance sur la scène québécoise.


2004

Lauréat 
Alain Bergeron
pour Phaos (roman)

Photo : Photo Mag


Finalistes
Jacques Lazure pour Les Chasseurs d'éternité (roman)
Élisabeth Vonarburg pour La Course de Kathryn (nouvelle)

Membres du jury
Patrick Senécal
Marie-Ginette Guay
Amy Ransom
Christian Sauvé
Vincent Saint-Aubin Émard

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Caisses Desjardins

Québec, 15 avril 2004. - Vingt-cinq ans après son premier roman de SF, Un été de Jessica, Alain Bergeron publie Phaos (éditions Alire), une oeuvre de maturité qui s'inscrit dans le courant cyberpunk. Ce roman, dont le titre signifie « lumière » en grec, explore un univers technologique que l'auteur avait esquissé dans L'Homme qui fouillait la lumière, nouvelle parue en 1994.

Tout en s'appuyant sur une solide formation scientifique pour expliquer les concepts qui sous-tendent son intrigue, Bergeron réussit à insuffler à son récit une dose de poésie rafraîchissante et à distiller des considérations philosophiques sur le devenir de la nature humaine. Sa capacité à créer des néologismes qui font image contribue aussi à la grande réussite de cette œuvre à la fois complexe et accessible. L'auteur réussit en effet le tour de force de satisfaire les amateurs de hard SF et d'être compris par les lecteurs moins familiers avec ce genre.

Conseiller en politiques scientifiques au gouvernement du Québec, Alain Bergeron a publié neuf livres depuis 1978. Il a reçu le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois une première fois en 1998 pour son recueil de nouvelles de SF, Corps-machines et rêves d'anges .


2005

Lauréate 
Sylvie Bérard
pour Terre des Autres (roman)


Finalistes
Francine Pelletier pour Les Jours de l'ombre (roman)
Yves Meynard pour L'Héritier de Lorann et L'Enfant de la Terre (romans), À Yerusalom et Comme un poisson dans le flot du temps (nouvelles)

Membres du jury
Éric Gauthier
Marie-Josée L'Hérault
Benoit Simard
Daniel Jetté
Réjean Saint-Hilaire

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Salon international du livre de Québec

Québec, 15 mars 2005. - Le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois a été décerné aujourd'hui à Sylvie Bérard pour son roman de science-fiction, Terre des Autres, paru chez Alire. La lauréate a publié plusieurs nouvelles depuis ses débuts en 1993, de même que des articles sur la science-fiction et la littérature des femmes dans diverses revues universitaires. Membre du comité de rédaction d'XYZ, elle enseigne la littérature québécoise à l'Université Trent en Ontario.

Terre des Autres est la chronique du choc des cultures entre deux
civilisations fort différentes, celle des reptiliens et celle des humains. L'esclavagisme et l'incompréhension mutuelle constituent les principaux enjeux de cette oeuvre remarquable à plusieurs titres. Sylvie Bérard a assemblé une mosaïque de récits qui propose une approche quasi ethnologique du mode de vie de ces deux peuples. Cruauté, méfiance et incommunicabilité alimentent leur difficile cohabitation.

Le jury a souligné la qualité de la langue et la maîtrise des codes
narratifs qui font de Terre des Autres une oeuvre achevée stylistiquement. Il a aussi été séduit par la cohérence de la structure narrative et le réalisme de l'écriture tout autant que par l'équilibre des points de vue que l'auteure a su préserver. Plus de 80 auteurs figuraient sur la liste des candidats remise au jury qui a noté que la production était particulièrement relevée cette année.


2006

Elisabeth Vonarburg Lauréate 
Élisabeth Vonarburg
pour
La Maison d’oubli et Le Dragon de feu, tomes 1 et 2 de Reine de mémoire (romans)

Photo : Nancy Vickers

Finalistes 
Véronique Drouin pour Aurélie et l’île de Zachary (roman)
Daniel Sernine pour Les Archipels du temps (roman) et Maure à Venise (recueil de nouvelles)

Membres du jury
Pascale Raud, présidente
Jean-François Chassay
Claude D’Astous
Mathieu Fortin
René Bouchard

Bourse : 2 500 $

Montréal, 7 mai 2006.- Le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois a été décerné aujourd’hui à Élisabeth Vonarburg pour La Maison d’oubli et Le Dragon de feu, les deux premiers tomes de Reine de mémoire publiés chez Alire. La remise du prix a eu lieu au moment de la clôture du congrès Boréal qui a réuni pendant trois jours les amateurs de science-fiction, de fantastique et de fantasy. C’est la troisième fois qu’Élisabeth Vonarburg remporte ce prix qui souligne la qualité de l’ensemble de la production d’un auteur au cours de l’année précédente.

Le jury a été conquis par la fluidité et la maîtrise de l’écriture d’Élisabeth Vonarburg et par la force de l’imaginaire de ses personnages d’enfants qui sont au cœur du récit. Reine de mémoire est un roman qui s’inscrit dans un univers de fantasy dont l’auteure prend un malin plaisir à pervertir les codes trop souvent prévisibles, déjouant ainsi constamment les attentes du lecteur. Poussant encore plus loin le défi qu’elle s’est donné, Élisabeth Vonarburg a greffé à cet univers très riche une uchronie audacieuse qui prend sa source à l’époque de la Révolution française et qui interroge avec beaucoup d’à-propos et de sensibilité le rôle de la religion et de la femme dans la société.

Fort abondante, la production admissible au Grand Prix comptait cette année plus de soixante-dix romans, la majorité d’entre eux destinés aux jeunes, et autant de nouvelles. Au total, une centaine d’auteurs se trouvaient dans la course au départ.

 

2007

c._bolduc.jpg Lauréat 
Claude Bolduc 
pour Histoire d'un soir et autres épouvantes (recueil), Le Masque, Regarde-moi et Lendemain de veille (nouvelles)

Photo : Serena Gentilhomme

Finalistes 
Michel Tremblay pour Le Trou dans le mur (roman)
Élisabeth Vonarburg pour Le Dragon fou et La Princesse de vengeance (romans)

Membres du jury 
Robin Aubert
Marie-Dominique Bergeron
Jarrett Mann
Mathieu Fortin
Richard Blanchette

Bourse :
2 500 $


Montréal, 29 avril 2007. - Le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois a été décerné aujourd'hui à Claude Bolduc pour les nouvelles fantastiques rassemblées dans son recueil Histoire d'un soir et autres épouvantes (Éditions Vents d'Ouest) et pour trois autres qui ont été publiées dans la revue Solaris (Le Masque et Regarde-moi) et le fanzine Horrifique (Lendemain de veille). La remise du prix a eu lieu à la fin du congrès Boréal qui a réuni pendant trois jours les amateurs de science-fiction, de fantastique et de fantasy à l'Université Concordia. C'est la première fois que Claude Bolduc remporte ce prix qui souligne la qualité de l'ensemble de la production d'un écrivain au cours de l'année précédente. La corporation responsable du prix a annoncé que celui-ci s'appellerait désormais prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique.

Le jury a relevé dans la production de Claude Bolduc en 2006 une riche variété de styles et de thèmes et une grande habileté à créer des ambiances fortes et étouffantes sans verser dans le gore. C'est aussi la fidélité qui est récompensée par le choix du jury : fidélité à un genre, le fantastique, que Claude Bolduc pratique depuis 1989, fidélité à une forme narrative, la nouvelle, à laquelle le lauréat est identifié depuis ses débuts, ayant signé plus de 70 nouvelles à ce jour. Car hormis six romans pour jeunes, Claude Bolduc écrit essentiellement des nouvelles qui ont été publiées dans des périodiques au Québec, mais aussi dans bon nombre de revues spécialisées et anthologies en Europe, particulièrement en Belgique.

L'œuvre de Claude Bolduc se caractérise par une affection pour les paumés, les laissés-pour-compte de la vie qui voient soudain une possibilité d'échapper à leur condition d'éternels perdants. Mais, bien souvent, ce destin qui semble tourner en leur faveur n'est qu'un leurre. Voilà des nouvelles où la violence, la cruauté et la perversité s'expriment librement. Pourtant, il y a dans la narration une certaine bonhomie, un ton légèrement goguenard ou décalé qui fait en sorte que le lecteur s'attache aux antihéros naïfs de Bolduc. 

 

2008

champetierphoto.jpgLauréat
Joël Champetier
pour Le Voleur des steppes (roman)

 

  Photo : Pothier Photos

 

Finalistes
Francine Pelletier pour Si l’oiseau meurt (roman)
Élisabeth Vonarburg pour La Maison d’équité, tome 5 de Reine de mémoire (roman), Pas de deux, La Voix qui chantait le coeur du monde et Les Invisibles (nouvelles)

Membres du jury
Jean Barbe
Éric Bilodeau
Lucie Arsenault
Shirley-Carol Landry
Guillaume Voisine

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Bleu Outremer

Montréal, 10 mai 2008. Le prix Jacques-Brossard est décerné cette année à Joël Champetier pour son roman de fantasy, Le Voleur des steppes (Alire). La remise du prix a eu lieu dans le cadre du congrès Boréal qui réunit chaque année les amateurs de science-fiction et de fantastique et les professionnels du milieu – écrivains, éditeurs et critiques littéraires.

La lutte entre les trois finalistes a été très serrée, le deuxième tour se terminant même sur une triple égalité. Le troisième tour a consacré Joël Champetier comme lauréat du prix Jacques-Brossard 2008. Le Voleur des steppes approfondit l’univers de Contremont mis en place dans Les Sources de la magie (Alire, 2002). Le jury a salué l’efficacité narrative du récit qui confirme, une fois de plus, que Champetier est un raconteur de première classe. Cette efficacité repose en bonne partie sur un imaginaire débridé et riche et sur la capacité de l’auteur à incarner des personnages originaux et attachants. Dans cet univers de fantasy somme toute classique, le lecteur découvre une vision du monde empreinte d’humanisme qui enrichit le propos et un créateur qui joue avec les codes du genre qu’il a aussi exploré en littérature jeunesse au cours des années 1990.

Le prix Jacques-Brossard, qui succède au Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois, consacre la meilleure production de l’année destinée aux adultes. Ainsi ce sont près de 80 auteurs – romanciers et nouvellistes – qui étaient en lice pour le prix Jacques-Brossard.

 

2009

durand3.jpg

 
Lauréat
Frédérick Durand
pour À l’intention des ombres (recueil de nouvelles) et
La Nuit soupire quand elle s’arrête (roman)

 

Finalistes
Éric Gauthier pour Une fêlure au flanc du monde (roman)
Daniel Sernine pour Les Écueils du temps (roman)

Membres du jury
Joël Champetier
Martin Hébert
Mathieu Fontaine
Jonathan Reynolds
Françoise Cadieux

Bourse : 2 500 $

Montréal, 7 août 2009. Le prix Jacques-Brossard 2009 de la science-fiction et du fantastique est décerné cette année à Frédérick Durand pour son recueil de nouvelles fantastiques À l'intention des ombres (Éditions Vents d'Ouest) et son roman fantastique La Nuit soupire quand elle s'arrête (La Veuve noire). La remise du prix a eu lieu dans le cadre de la convention mondiale de science-fiction, ANTICIPATION  2009, qui se tient présentement à Montréal. Le lauréat reçoit une bourse de 2 500 $ provenant de différents dons recueillis par la corporation Passeport pour l'imaginaire qui gère le prix Jacques-Brossard.

Le jury a motivé son choix en soulignant d'entrée de jeu la voix personnelle, le style particulier de Frédérick Durand. Son recueil de nouvelles À l'intention des ombres présente un large éventail des atmosphères créées par l'auteur et des univers qu'il explore. Qu'il décrive des situations banales tirées de la vie quotidienne qui basculent soudainement dans le fantastique ou qu'il dépeigne sommairement un décor qui installe d'emblée un climat d'étrangeté ou une ambiance surréaliste, Durand réussit immanquablement à distiller un malaise. Son esthétique l'apparente à des auteurs européens comme Thomas Owen, Marcel Béalu et Jean Rollin. Le format de ses nouvelles, des textes de quelques pages seulement qui nécessitent une grande maîtrise de la narration, le rattache également à cette famille littéraire.

Si son recueil, de façon prévisible, offre une variété de genres, il en est de même de son roman La Nuit soupire quand elle s'arrête qui fusionne plusieurs courants littéraires – surréalisme, gothique, onirisme – qui emportent le récit dans un flot irrésistible charriant sa part de perversion et de sadisme.

Détenteur d'un doctorat en littérature de l'Université du Québec à Trois-Rivières, professeur au niveau collégial et musicien, Frédérick Durand a publié onze romans et un recueil de nouvelles depuis 1997, améliorant sans cesse son art de la narration et affinant son style. À l'intention des ombres lui a valu en 2008 le Prix de littérature–Librairie Clément-Morin.

Trois finalistes parmi une soixantaine d’auteurs en lice au départ se disputaient le titre de la meilleure production québécoise de l’année 2008 en science-fiction et en fantastique.