Martine Desjardins remporte le prix Jacques-Brossard 2010

Québec, 15 mai 2010. Martine Desjardins, auteure de Maleficium (Éditions Alto), est la lauréate du prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique qui récompense la meilleure production de l'année 2009. Le prix, assorti d'une bourse de 2500 $, lui a été remis aujourd'hui, à l'occasion du congrès Boréal qui a lieu cette année à Québec. Martine Desjardins l'a emporté sur les deux autres finalistes, Joël Champetier, auteur du roman de fantasy Le mystère des Sylvaneaux (Éditions Alire), et Yves Meynard, auteur du recueil de nouvelles de science-fiction L'enfant des mondes assoupis (Éditions Alire).

Maleficium est un roman qui se nourrit de l'exacerbation de l'inquiétante étrangeté propre au fantastique en utilisant un vocabulaire très riche et recherché. Martine Desjardins y déploie une érudition étourdissante en matière de culture matérielle et de négoce qui force l'admiration. Elle crée un climat de mystère autour d'une femme fatale dont on peut admirer les différentes incarnations au fil de sept chapitres narrés par autant de personnages masculins. Le huitième récit, qui présente la version de la séductrice affligée d'une affreuse cicatrice à la lèvre supérieure, vient clore admirablement une histoire de vengeance.

Martine Desjardins possède, outre un style d'un raffinement exquis, une maîtrise de la narration qui s'appuie sur la connaissance des mécanismes du conte oriental, telle une Shéhérazade des temps modernes. Elle mise sur la fascination de l'exotisme que recèlent les contrées lointaines tant en ancrant le point de départ et d'arrivée du roman dans le Montréal du début du XXe siècle. La construction romanesque tire aussi parti d'une convention narrative héritée de la grande tradition des textes apocryphes ou maudits qui favorise l'émergence du fantastique. Les sept premiers chapitres constituent autant de visites d'un cabinet de curiosités et d'explorations de perversions qui laissent le lecteur pantois devant tant de trouvailles et d'imagination.Martine Desjardins a fait ses débuts en littérature en 1997 avec la publication d'un premier roman, Le cercle de Clara. Détentrice d'une maîtrise en littérature comparée de l'Université de Montréal, titulaire de la chronique Livres au magazine L'actualité depuis 2007, elle a remporté le prix Ringuet en 2006 pour L'évocation. Maleficium est son quatrième roman.

Le jury du prix Jacques-Brossard 2010 était formé de Steve Laflamme, professeur de littérature au Cégep de Sainte-Foy et corédacteur en chef de la revue Québec français, d'Isabelle Hayeur, réalisatrice de films fantastiques, de François Lévesque, auteur de polars et critique de cinéma au Devoir, d'Ariane Gélinas, auteure et directrice artistique du fanzine Brins d'éternité, et de Michèle Mathieu, enseignante. Ces cinq personnes, partageant une passion commune, la bonne littérature, ont évalué la production de près de 70 auteurs - romanciers et nouvellistes - ayant publié au moins un texte inédit en 2009.