(Années 2000)-(Années 90)-(Années 80)


1990

Lauréat :
Jacques Brossard
pour L’Oiseau de feu 1 :
Les années d’apprentissage (roman)

Photo : Georges Dutil

Finalistes :
Jacques Renaud pour L’Espace du diable (recueil de nouvelles)
Jean Dion pour Au dieu marteau, L’Évangile des animaux et La Promesse de Tom (nouvelles)

Membres du jury :
Norbert Spehner, président
Évelyne Bernard
Guy Sirois
Paul G. Croteau
Fabien Ménard

Bourse : 1 500 $

Commanditaire principal : Distepro

Montréal, 9 avril 1990. – En attribuant le Grand Prix à Jacques Brossard, le jury a voulu souligner l’ampleur et la maîtrise du projet littéraire de l’auteur. L’Oiseau de feu est en effet le premier volume d’une oeuvre qui comptera cinq tomes. Dans le premier tome, Jacques Brossard met en place une société obscurantiste dominée par une poignée de dirigeants qui sont les seuls à détenir le savoir. L’auteur présente dans ce roman de la quête initiatique un jeune forgeron qui cherche à comprendre les origines de l’aliénation de son peuple et les mécanismes du pouvoir. Outre la construction d’un monde imaginaire fascinant, le jury a voulu reconnaître la qualité du travail de l’éditeur qui a accueilli sans discrimination ce roman qui intègre parfaitement les thèmes propres à la science-fiction et à la fantasy.

L’auteur, reconnu pour la richesse de son écriture et pour la fulgurance de ses images, demeure fidèle à sa réputation. Il déploie dans son roman une imagination qui le classe parmi les meilleurs représentants d’un des courants de la science-fiction mondiale, les créateurs d’univers. L’Oiseau de feu a une portée universelle car cette oeuvre soulève des questions fondamentales qui touchent tout individu qui vit en société, quel qu’en soit le modèle politique. Le libre arbitre en constitue le thème central.
Le travail littéraire de Jacques Brossard témoigne d’une longue maturation et d’une passion pour l’écriture qui ne peuvent qu’être bénéfiques à la reconnaissance de la science-fiction québécoise.



1991

Lauréate :
Esther Rochon
pour L’Espace du diamant (roman)

Photo : Olivier Rochon

Finalistes :
Pierre Billon pour L’Ultime Alliance (roman)
Annick Perrot-Bishop pour Les Maisons de cristal (recueil de nouvelles)

Membres du jury :
Marie-France Bazzo, présidente
Michel Lord
Élisabeth Vonarburg
Jean Pettigrew
Eddy Szczerbinski

Bourse : 2 000 $

Commanditaire : Logidec

Montréal, 15 avril 1991. – En attribuant le Grand Prix à Esther Rochon, le jury a voulu souligner l’aboutissement d’une oeuvre remarquable et reconnaître d’emblée la richesse et la sensibilité de son écriture. Dernier ouvrage d’une trilogie, dont le deuxième volet lui avait valu les honneurs du Grand Prix en 1986, L’Espace du diamant mène à terme l’aventure du peuple asven. L’archipel de Vrénalik, dorénavant libéré de sa malédiction, laisse essaimer son pleuple. S’ouvrant sur l’ensemble du monde, les Asvens peuvent enfin espérer en l’avenir. Conclusion étonnante d’un cycle construit sur plus d’un quart de siècle, L’Espace du diamant demeure avant tout une oeuvre de sagesse qui marquera à tout jamais ses lecteurs.



1992

Lauréat :
Daniel Sernine
pour Boulevard des étoiles et À la recherche de monsieur Goodtheim (recueils de nouvelles), Le Cercle de Khaleb et Les Rêves d’Argus (romans) et Néons roses et bleus dans un salon désert (nouvelle)

Photo : Michel P. Gagné


Finalistes :
Élisabeth Vonarburg pour Ailleurs et au Japon (recueil de nouvelles) et Celles qui vivent au-dessus des nuages (nouvelle)
Joël Champetier pour La Taupe et le dragon, La Prisonnière de Barrad et La Requête de Barrad (romans)

Membres du jury :
Esther Rochon, présidente
Francine Laurendeau
Germain Plante
Stanley Péan
Pierre D. Lacroix

Bourse : 2 000 $

Commanditaire : Logidec

Québec, 15 avril 1992. – Le choix du jury du Grand Prix souligne non seulement la contribution du lauréat à la science-fiction et au fantastique dont il s’est fait l’ardent défenseur depuis ses débuts en 1975 dans la revue Requiem, mais aussi la vitalité de la littérature pour jeunes qui a découvert depuis quelques années la richesse de l’imaginaire de ces deux genres.

Le jury a particulièrement apprécié la générosité manifestée par l’auteur à l’égard de ses personnages, la diversité de son inspiration et la qualité de son écriture. L’oeuvre de Daniel Sernine se construit comme une vaste fresque traversée par un réseau de références qui assure la cohérence de cet univers imaginaire remarquable.



1993

Lauréate :
Élisabeth Vonarburg
pour Chroniques du Pays des Mères (roman), Initiatiques et Suspends ton vol (nouvelles) et Chanson pour une sirène (nouvelle écrite en collaboration)

Finalistes :
Yves Meynard pour La Rose du désert et Convoyeur d’âmes (nouvelles), Le Pierrot diffracté et Chanson pour une sirène (nouvelles écrites en collaboration)
Francine Pelletier pour La Saison de l’exil et Le Septième Écran (romans), La Collection Galloway et Un bateau sur le fleuve (nouvelles)

Membres du jury :
Éva Le Grand, présidente
Rita Painchaud
Daniel Sernine
Pierre D. Lacroix
Germain Plante

Bourse : 2 000 $

Commanditaire : Logidec

Montréal, 7 avril 1993. – Le choix d’Élisabeth Vonarburg ne surprendra pas ceux qui suivent de près la production québécoise de science-fiction et l’oeuvre de cette auteure qui pratique ce genre depuis près de vingt ans. L’année 1992 constitue en effet une étape importante dans la carrière internationale de l’écrivaine puisqu’elle est la première au Québec à réaliser une percée sur le marché américain de la science-fiction.

Chroniques du Pays des Mères consacre la maturité littéraire d’Élisabeth Vonarburg et constitue une preuve irréfutable que son oeuvre peut rivaliser avec celle des meilleurs écrivains de SF au monde. Ce roman post-féministe, qui raconte, à travers le destin personnel de son héroïne Lisbéï, la lente évolution d’une société constituée à 97 % de femmes dans un futur qui porte encore les stigmates d’une guerre des sexes, se distingue par son ouverture aux changements, par sa tolérance et par sa quête sincère de vérité. Utopiste au sens noble du terme, porteur d’une volonté de réconciliation des sexes, le roman d’Élisabeth Vonarburg démonte brillamment les mécanismes à l’oeuvre dans l’élaboration d’une pensée sociale en scrutant les mythes qui en sont à l’origine et leur rapport à l’Histoire.

Rarement la qualité d’une oeuvre et l’envergure d’une personnalité respectée dans le milieu pour son indéfectible engagement à promouvoir la science-fiction auront à ce point coïncidé dans l’attribution du Grand Prix.



1994

Lauréat :
Yves Meynard
pour Le Sang de l’oiseau, Brasiers volés et La Merveilleuse Machine de Johann Havel (nouvelles) et La Coagulation des Vouivres (nouvelle écrite en collaboration)

Finalistes :
Jacques Brossard pour L’Oiseau de feu 2-B : Le grand projet (roman)
Jean-Louis Trudel pour Enfants du soleil, Procruste, Les Ponts du temps et Un papillon à Mashak (nouvelles), Pour des soleils froids (feuilleton) et La Coagulation des Vouivres (nouvelle écrite en collaboration)

Membres du jury :
André Carpentier, président
Élisabeth Vonarburg
René Beaulieu
Simon Dupuis
Pierre D. Lacroix

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Société de développement des arts et de la culture de Longueuil

Longueuil, 26 avril 1994. – Le jury a été particulièrement impressionné par l’ampleur et le renouvellement constant de l’imaginaire d’Yves Meynard. D’une nouvelle à l’autre, il sait inventer des univers tout à la fois oniriques et rationnels. Le jury a aussi reconnu sa remarquable capacité à construire une oeuvre très personnelle qui lui permet de s’affranchir des conventions littéraires et des étiquettes du genre. Ainsi, les trois nouvelles qu’il a publiées en 1993 sont très différentes l’une de l’autre même si, ultimement, elles relèvent de la science-fiction.

Le Sang et l’oiseau juxtapose habilement trois époques (le passé, le présent et le futur) indéterminées dans une histoire imprégnée de rites, de superstitions, de cruauté consciente ou instinctive et de métamorphoses qui évoque le monde magique et mystérieux de la fantasy. Brasiers volés se présente comme une fable sur l’amour et le pouvoir à travers les yeux de deux protagonistes qui appartiennent à des peuples ennemis vivant sur une planète ceinturée par une voie ferrée. Enfin, La Merveilleuse Machine de Johann Havel reprend, sur fond de société allemande du siècle dernier, un thème plus classique, la machine à voyager dans le temps, pour mieux en dénoncer l’utilisation facile à laquelle il a trop souvent donné lieu.

Cette recherche constante d’univers autres se double d’une écriture d’une grande souplesse qui témoigne de l’affirmation remarquable du style de l’écrivain au cours des dernières années. Cette écriture, qui s’alimente aux grands thèmes universels et ne dédaigne pas le symbolisme, se place avant tout au service du récit tout en sachant ménager une part de non-dit qui sollicite l’imagination du lecteur.



1995

Lauréat :
Joël Champetier
pour La Mémoire du lac et Le Secret des Sylvaneaux (romans), Esclaves du sable et Visite au comptoir dénébolien (nouvelles)


Finalistes :
Daniel Sernine pour Manuscrit trouvé dans un secrétaire (roman), Ailleurs, Histoire de l’oiseau d’Alep et des six voleurs et Songes d’une nuit sous le monde (nouvelles)
Jean-Louis Trudel pour Aller simple pour Saguenal, Pour des soleils froids, Le Ressuscité de l’Atlantide et Un trésor sur Serendib (romans), Contamination et Entre la nuit et l’illusion (nouvelles), L’Arbre qui plantait des hommes et Le Cas du feuilleton De Québec à la lune, de Veritatus (nouvelles écrites en collaboration)

Membres du jury :
Éva Le Grand, présidente
Catherine Saouter
Luc Pomerleau
Julie Martel
Yves Meynard

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Société de développement des arts et de la culture de Longueuil

Longueuil, 25 avril 1995. – Le jury a été unanime à reconnaître la grande qualité et la maturité de l’écriture de Joël Champetier. Sa puissance d’évocation des lieux et paysages mérite tout particulièrement d’être saluée. L’auteur se montre en outre fort polyvalent, puisque ses textes touchent aussi bien la science-fiction humoristique, à la limite du parodique (Visite au comptoir dénébolien) que le merveilleux de style médiéval, auquel s’adjoint une touche tragique (Le Secret des Sylvaneaux), aussi bien les atmosphères étranges et baroques (Esclaves du sable) que le quotidien glissant inéluctablement dans l’horreur (La Mémoire du lac).

L’attribution du Grand Prix à Joël Champetier souligne le mérite de sa production de l’année 1994, laquelle s’inscrit dans l’ensemble d’une oeuvre qui a continuellement fait preuve d’excellence. Le prix vient démontrer qu’il est à la fois un des écrivains québécois les plus accomplis et l’un des plus prometteurs.



1996

Lauréat :
Daniel Sernine
pour Sur la scène des siècles (recueil de nouvelles), L’Arc-en-cercle et La Traversée de l’apprenti sorcier (romans)

Finalistes :
Esther Rochon pour Lame (roman) et L’Attrait du bleu (nouvelle)
Yves Meynard pour La Rose du désert (recueil de nouvelles), Le Mage des fourmis (roman), Chasseur et proie (nouvelle) et Navices (nouvelle écrite en collaboration)

Membres du jury :
Joël Champetier, président
Gloria Escomel
Sylvie Bérard
Jacqueline Chevalier
Daniel Coulombe

Bourse : 1 000 $

Montréal, 24 mars 1996. – Le jury a tenu à souligner la polyvalence de Daniel Sernine à la fois dans la littérature jeunesse et la littérature adulte, la beauté et la fluidité de son écriture, son talent à peindre des atmosphères ainsi que la richesse thématique qui touche à de multiples préoccupations contemporaines.

Sur la scène des siècles, qui emprunte son titre à une nouvella qui avait marqué un virage important dans l’écriture fantastique de Sernine, réunit neuf nouvelles et novellas pour adultes. L’auteur met à profit sa formation d’historien dans ces nouvelles finement allusives, empreintes d’un sens du sacré qui leur confère une belle sensibilité.

Avec La Traversée de l’apprenti sorcier et L’Arc-en-cercle, respectivement premier et dernier de la série, Sernine complète son Cycle de Neubourg et Granverger, un ensemble de dix romans pour jeunes, échelonnés sur quatre siècles d’histoire, depuis la Bretagne de 1595 jusqu’au Québec contemporain, en passant par la Nouvelle-France et le Bas-Canada.



1997

Lauréate :
Élisabeth Vonarburg
pour Les Rêves de la mer et Le Jeu de la perfection (romans) et Le Début du cercle (nouvelle)

Finalistes :
Esther Rochon pour Aboli (roman) et Pierreux (nouvelle)
Yves Meynard pour Le Vaisseau des tempêtes et Le Prince des glaces (romans), Le Grand Conseil, Les Mots du tabac et Nuestra Madre de las selvas (nouvelles)

Membres du jury :
Daniel Sernine, président
Jacqueline Chevalier
Rita Painchaud
René Beaulieu
Claude Mercier

Bourse : 2 000 $

Commanditaire : ministre de la Culture et des Communications

Québec, 23 avril 1997. - L’envergure du projet romanesque de Tyranaël, une œuvre dont la première version, considérablement remaniée depuis, a été rédigée au cours des années 1960, a emporté l’adhésion inconditionnelle du jury. Les Rêves de la mer et Le Jeu de la perfection constituent en effet les deux premiers tomes d’une saga qui comprendra cinq volumes.

Élisabeth Vonarburg aborde ici presque tous les thèmes de la science-fiction classique à travers une histoire qui révèle progressivement les variations qu’elle fait subir à ce matériau considérable. En subvertissant subtilement les règles qui régissent la science-fiction synonyme de création de mondes, l’auteure paie un tribut à cette grande tradition littéraire tout en jetant les bases d’une nouvelle façon d’explorer ces thèmes.

Les deux premiers tomes de Tyranaël laissent déjà entrevoir l’exceptionnelle qualité de l’immense fresque qui s’édifie sous nos yeux. Le jury a d’ailleurs souligné la minutie de la construction de ces mondes, la qualité de l’écriture, la sensibilité avec laquelle l’auteure donne vie à ses personnages. Aucun écrivain dans la SF francophone n’a à ce jour entrepris une œuvre de cette ampleur qui aborde la création de mondes sous tous ses aspects : géographique, sociologique, mythique, politique, etc. Pour trouver un point de comparaison, il faut chercher du côté de la SF anglo-saxonne qui a donné Dune de Frank Herbert et La Saga de Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley.



1998

Lauréat :
Alain Bergeron
pour Corps-machines et rêves d’anges (recueil de nouvelles), L’Ennemie (roman) et Le Vingt-huitième jour (nouvelle)

Finalistes :
Yves Meynard pour Un oeuf d’acier (novella), Le Fils du Margrave (roman), Une lettre de ma mère et Les Langues de la mer (nouvelles)
Jean-François Somain pour Le Jour de la lune (conte)

Membres du jury :
Thierry Vincent
Sylvie Bérard
Patrick Senécal
Vital Gadbois
Mario Tessier

Bourse : 2 000 $

Commanditaire : ministre de la Culture et des Communications

Roberval, 28 juin 1998. - En portant son choix sur Alain Bergeron, le jury a reconnu explicitement le travail de fond d’un écrivain qui, patiemment, bâtit une œuvre portée par une indéfectible exigence de qualité. Il y a exactement vingt ans, Alain Bergeron faisait une entrée remarquée en science-fiction en publiant son premier roman, Un été de Jessica. Quelques mois plus tard, Le Soleil l’offrait en feuilleton à ses lecteurs. Après plusieurs années de silence, Alain Bergeron est revenu à l’écriture, d’abord par la nouvelle, puis par la littérature jeunesse. Corps-machines et rêves d’anges rassemble l’essentiel des nouvelles qu’il a publiées depuis 1986 dans les revues québécoises de science-fiction.

Le jury a été impressionné par la grande diversité des récits qui composent ce recueil et par sa constante habileté narrative qui sait conjuguer l’art du conteur et la rigueur scientifique assortie d’un véritable souci de vulgarisation qui transparaît continuellement dans ses textes. Chez Alain Bergeron, la prose est au service d’un imaginaire qui sait organiser la matière historique ou scientifique en matériau romanesque tout en faisant montre d’un humanisme éclairé.



1999

Lauréate :
Francine Pelletier
pour Samiva de Frée et Issabel
de Qohosaten
(romans)

Finalistes :
Patrick Senécal pour Sur le seuil (roman)
Jean-Louis Trudel pour Les Bannis de Bételgeuse, 13,5 km sous Montréal et Un automne à Nigelle (romans), Scorpion dans le cercle du temps, Les Sculpteurs de Mars et Terre de liberté (nouvelles)

Membres du jury :
Alain Bergeron, président
Gloria Escomel
Guy Sirois
Pierre Sormany
Daniel Jetté

Bourse : 2 500 $

Commanditaire : Fédération des Caisses populaires Desjardins de Québec

Québec, 9 avril 1999. - En portant son choix sur Francine Pelletier, le jury a voulu souligner le mérite et la qualité d’une écrivaine de tout premier plan dans le genre de la science-fiction au Québec. L’auteure, qui publie de façon régulière depuis plus de seize ans, a déjà une vingtaine de romans à son actif, principalement en littérature jeunesse, ainsi que de très nombreuses nouvelles.

Le jury a été impressionné par l’efficacité narrative de Francine Pelletier ainsi que par la qualité et la richesse de la langue qui se maintiennent tout au long du cycle Le Sable et l’Acier. En plus d’avoir créé une galerie de personnages inoubliables, Francine Pelletier a montré une fois de plus qu’elle possédait à fond l’art de nouer des intrigues captivantes dans un contexte de science-fiction à la fois classique et personnelle.